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STRABAG SE

15 juillet 2026 - Objectif moyen terme : +29%

STRABAG SE est un groupe européen de construction coté à Vienne, actif dans le bâtiment, les infrastructures, les tunnels et les services. Ancré en Autriche et en Allemagne, il opère en Europe centrale et orientale, avec une expansion au Royaume-Uni et en Australie. Ses concurrents majeurs sont HOCHTIEF, VINCI, Skanska et PORR. L'actionnariat regroupe la famille Haselsteiner, Raiffeisen et UNIQA, et Rasperia sous sanctions, pour un flottant d'environ 20 pour cent.

Au cours de 86,7 euros le 11 juillet 2026, le ratio valeur d'entreprise sur les revenus vaut environ 0,36, en décote sectorielle. Le ratio valeur d'entreprise sur le cash flow opérationnel est proche de 3,7. Le ratio prix sur la valeur nette d'entreprise au sens de Graham n'est pas pertinent car négatif. Le ratio prix sur la valeur comptable tangible tourne autour de 2,3. Le ratio prix sur le free cash flow se situe entre 9 et 11. Le retour sur le capital investi dépasse 12 pour cent pour un WACC d'environ 8 pour cent, soit un écart positif d'au moins 4 points, en amélioration sur cinq ans.

Sur les quatre derniers trimestres, le ton managérial reste confiant, très optimiste sur les records de 2025 puis discipliné en 2026 avec une normalisation des marges. La priorité va à la Stratégie 2030, l'énergie, l'eau et la mobilité. Citation du directeur général Stefan Kratochwill : malgré le froid de début 2026, production et carnet ont progressé grâce au positionnement large du groupe. Les actionnaires de contrôle détiennent une part élevée, mais les placements privés récents sont des ventes nettes pour élargir le flottant.

Le secteur européen de la construction est en milieu de cycle, porté par les infrastructures et freiné par le résidentiel. Les chocs sur l'énergie et le bitume, ainsi que le dossier actionnarial russe, restent des sensibilités majeures. Les taux d'intérêt, les prix des matériaux et les commandes publiques conditionnent la rentabilité.

Le moat, fondé sur la taille, le cautionnement et l'intégration du cycle de construction, est stable à légèrement en élargissement. Le management paraît cohérent, transparent et aligné via l'actionnariat familial. La culture accepte d'évoquer les freins budgétaires. La qualité de l'entreprise s'est améliorée jusqu'en 2025 et reste élevée.

La valorisation actualisée des flux aboutit à une juste valeur d'environ 160 à 185 euros. Le cours est de 86,7 euros au 11 juillet 2026. La fourchette cible va de 105 à 120 euros, pour un potentiel de hausse d'environ 29 pour cent, un ratio risque rendement proche de 1,6 et un dividende d'environ 3,3 pour cent. L'argument value le plus solide est la trésorerie nette, le carnet de 33 milliards d'euros et les multiples bas. Le risque principal est la compression guidée de la marge EBIT vers 5,0 à 5,5 pour cent, avec le surplomb de Rasperia.

Nous retenons un scénario légèrement haussier, justifié par la décote et la solidité du carnet. La conviction est moyenne, car l'actionnariat et la normalisation des marges limitent la certitude à court terme.